Tout comme le projet de Roland Simounet, l’extension de Manuelle Gautrand vient envelopper une certaine idée de la collection. Libre invention dédiée aux collections d’art brut, elle se déploie en forme de doigts ou de racines et prolonge l’œuvre de Roland Simounet.
Manuelle Gautrand est née en 1961. Diplômée d’architecture, elle crée son agence en 1991, à Paris. Travaillant tant pour de grands clients publics et institutionnels que pour des organismes privés, en France et à l’étranger, elle se fait notamment connaître auprès du grand public à travers le C42, la vitrine mondiale de Citroën sur les Champs-Elysées à Paris.
En juillet 2002, un concours européen d’architectes est lancé pour restructurer le Musée d'art moderne et y concevoir une extension dédiée à la nouvelle collection d’art brut. À l’issue de ce concours, Manuelle Gautrand est retenue avec cinq autres candidats, avant d’être désignée lauréate.
Par respect pour l’œuvre de Roland Simounet, qui émerge avec beaucoup d’humilité dans son environnement, le projet de Manuelle Gautrand vient placer ses nouveaux espaces au plus près du bâtiment d’origine. Son architecture se déploie par l’arrière et dévoile progressivement son identité, sans s’imposer. Adossée à la façade nord, la construction embrasse progressivement dans la plaine, côté est, sous la forme de cinq doigts ajustés à la pente. Bien qu’inscrit dans la continuité du musée existant, le bâtiment de Manuelle Gautrand agit tel une greffe tant le choix d’une architecture organique rompt avec la construction de Simounet.
Chacune des cinq excroissances qui le composent se termine par une ouverture plein cadre sur le parc, dissimulée derrière une résille de béton fibré. Doublés d’un sas vitré entièrement ouvert sur le parc, côté sud, ils permettent au visiteur de passer d’une architecture à l’autre, d’une lumière naturelle à une pénombre artificielle, de salles rectilignes et ordonnées à des espaces sinueux et torturés.


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