Dessins de Bourouissa accroché sur un mur d'exposition.

Des œuvres rejoignent la collection !

Cette année, le LaM a fait l'acquisition de deux œuvres de l'artiste franco-algérien. 
test.jpg

Pourquoi cette acquisition ? 

Au-delà de l’exposition que le musée a consacrée à Mohamed Bourouissa en 2023, Mohamed Bourouissa. Attracteur étrange, le LaM a souhaité s’engager auprès de l’artiste en faisant l’acquisition de deux de ses œuvres : la série de dessins et le film Island (présentés dans la première salle de l’exposition) et la photographie-sculpture Mounir Ayache. Elles rejoignent ainsi la collection du musée, et plus particulièrement le fonds d’art contemporain. En 2024, deux sculptures et quinze dessins de la salle Seum viendront compléter cette acquisition.  

Enrichissant le fonds d’art contemporain, qui compte plus de 1 000 œuvres, cet achat s’inscrit dans la continuité de la politique d’acquisition du LaM, notamment l’importance de l’engagement politique pour Island et du dialogue avec les œuvres historiques de la collection, comme le cubisme, avec Mounir Ayache  . 

Artiste franco-algérien né à Blida en 1978 et ancien élève des Arts décoratifs et du Fresnoy - Studio national des arts contemporain (Tourcoing), Mohamed Bourouissa tisse depuis le début de sa carrière des liens avec le territoire.

Singulière, son œuvre qui brouille les frontières entre fiction et documentaire, témoigne des réalités sociales de l’époque actuelle à travers l’observation décentrée de la société.

Poursuivant l’angle thématique choisi pour l’exposition, le LaM a souhaité rendre compte de la pratique plurielle de l’artiste. Si Mohamed Bourouissa s’est fait connaître par la photographie, cette acquisition souligne la place centrale du dessin dans son œuvre.

Portrait de Mohamed Bourouissa dans le cadre de l’exposition « Mohamed Bourouissa. Attracteur étrange » présentée au LaM du 29 septembre 2023 au 21 janvier 2024. 2023. Photo : Nicolas Dewitte / LaM.
TEST 2.jpg

Island

190 dessins et une vidéo de 11’47

À l’invitation de la Biennale de la Havane en 2015, et n’ayant pu se rendre à Cuba, Mohamed Bourouissa a réalisé le film Island à partir de plus de 100 dessins.

À travers ce film, l’artiste propose une relecture contemporaine de Soy Cuba film réalisé en 1964 par Mikhaïl Kalatozov, qui traite de la chute du président Fulgencio Batista et de la montée de la révolution cubaine, emmenée par Fidel Castro.

Si lors de sa sortie, ce film de propagande était resté inaperçu tant auprès des commanditaires qu’auprès des américains, il est redécouvert quelques années plus tard par Martin Scorsese et Francis Ford Copolla.

Dans sa relecture de Soy Cuba, Mohamed Bourouissa choisit d’alterner des scènes du film de 1964, qu’il a redessinées, et des dialogues entre des protagonistes du film et des étudiant·es en cinéma. L’artiste propose ici un principe de résistance fondé sur le dialogue face à la propagande et l’appropriation culturelle.

Mohamed Bourouissa, Sans titre (Maria et son fiancé René, un jeune vendeur de fruits) de la série Island, 2015, crayon graphite sur papier, 21 x 29,7. © Adagp, Paris, 2023 / Mohamed Bourouissa. Photo : N. Dewitte / LaM.
Test 3.jpg

Mounir Ayache

Créée en 2021, l’œuvre Mounir Ayache est la combinaison de photographies prises par Mohamed Bourouissa entre 2005 et 2008 alors qu’il réalisait la série Périphériques, qui marque un tournant dans la carrière de l’artiste.

Cette photographie, qui n’avait à l’époque pas été sélectionnée devient ici sujet d’une photographie-sculpture dont il avait expérimenté la technique - sublimation sur capot de voiture - dans le cadre de Horse Day en 2014.

Ici, un jeune homme assis sur un caddie de supermarché semble perdu dans ses pensées. Le découpage métallique qui l’entoure et qui fragmente l’image accentue cette impression.

On pourrait croire que le titre Mounir Ayache, se réfère au jeune homme représenté mais c’est tout autre. Mohamed Bourouissa fait référence au travail de l’artiste plasticien franco-marocain, connu pour ses réflexions sur les différentes identités arabes, et sur sa reprise des codes de la science-fiction.

Mohamed Bourouissa, Mounir Ayache, 2021, sublimation, impression UV et sérigraphie sur plaque aluminium, 132, 5 x 104 x 17 cm. © Adagp, Paris / Mohamed Bourouissa. Photo : N. Dewitte / LaM.